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Tecumseh

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Tecumseh au Fort Walden, septembre 1813
Nos vies sont entre les mains du Grand Esprit. Nous sommes déterminés à défendre
nos terres et nous  laisseront nos os sur celles-ci, si telle est sa volonté. "



Le nom de Tecumseh, souvent traduit par Étoile filante, est le symbole approprié d’une vie extraordinaire. Il est apparu dans les régions violentes et instables que constituaient les territoires au sud et à l’ouest des Grands Lacs dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Quelque quarante-cinq ans plus tard, à l’automne de 1813, sa flamme s’éteignait au milieu des cris de guerre et des coups de feu de la bataille de Moraviantown. Entre-temps, il a flamboyé à travers l’histoire, incontestablement comme le plus grand chef guerrier et politique indien de tous les temps et, en fin de compte, il a tenu sa promesse de protéger les territoires et les traditions indiennes ou de mourir dans cette tentative.

La stature de Tecumseh a été confirmée par le fait qu’après la guerre de 1812, les deux opposants l’ont considéré comme l’un des personnages attachants de ce conflit. Pour les Canadiens, il est devenu l’allié héroïque qui a joué un rôle majeur dans la sauvegarde du Haut-Canada ; pour les Américains, c’était un ennemi honorable qui s’était battu courageusement pour défendre son peuple.

La réputation d’homme généreux et compatissant de Tecumseh est presque surprenante quand on considère les événements entourant sa jeunesse. C’était une période de luttes continuelles entre Indiens et Blancs. Ces escarmouches et les horreurs qui les accompagnaient - le scalp, la torture et le pillage - étaient des réalités pour tout le monde dans la région de la vieille frontière du Nord-Ouest.

Le père et le frère aîné de Tecumseh avaient été tués en combattant les Blancs. À sa mort, son père avait souhaité que son fils poursuive le combat. En dépit d’un tel contexte, ceux qui connaissaient Tecumseh affirmaient qu’il avait une aversion profonde pour les gestes inutiles de cruauté. Après avoir été témoin des tortures infligées aux prisonniers quand il était jeune guerrier, il avait juré de ne jamais laisser maltraiter les prisonniers en sa présence.

Ce qui allait définir la raison d’être de Tecumseh, c’était l’insatiable appétit des Blancs pour de nouvelles terres. C’est sur cette toile de fond que le chef shawnee allait consacrer sa vie à bâtir une alliance entre les tribus indiennes culturellement et politiquement fragmentées. Tecumseh avait une vision passionnée d’une grande confédération indienne, s’étendant des Grands Lacs jusqu’au Mexique. Il croyait que c’était là la seule façon de contrer efficacement l’envahissement de la civilisation blanche, et il voyageait sans arrêt afin de répandre ce message d’unification indienne. Orateur de grand talent, Tecumseh l'utilisait pour convaincre les chefs des tribus politiquement décentralisées d’épouser sa cause.

Tecumseh décida, inévitablement, de joindre ses forces à celles des Britanniques lorsque ses efforts de lancer une offensive totale contre les Américains se trouvèrent entrelacés avec les événements menant à la guerre de 1812. Sans les Indiens, il est plus que douteux qu’au début de la guerre, les Britanniques aient pu défendre le Haut-Canada. L’alliance avec les Autochtones était au centre de la stratégie de Brock. L'image de Tecumseh et ses guerriers s’engouffrant dans fort Detroit a fait perdre son sang-froid au général William Hull et lui a dicté sa reddition. Ce qui ne veut pas dire que Tecumseh était un pion des Britanniques. Il s’est engagé dans la guerre, pour protéger les intérêts des Autochtones, non ceux des Britanniques en Amérique du Nord.

On raconte que Tecumseh a eu une vision avant la bataille de Moraviantown, et qu’il a vu sa propre mort. Que ce soit vrai ou pas, son corps ne fut jamais identifié par des non-Autochtones après la bataille et le lieu de sa sépulture n’a jamais été découvert. La mort violente de ce chef inspiré n’a servi qu’à propager les légendes entourant sa vie. Jusqu’à ce jour, des histoires circulent encore à propos d’un groupe de guerriers shawnees d’élite qui seraient les seuls à connaître l'endroit de son inhumation. Le secret serait transmis de génération en génération, et protégé contre les étrangers.


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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:01

Tecumseh : Le sauveur du Haut-Canada


Le 4 octobre 1813, à la veille de la bataille de Moraviantown, le grand chef shawnee Tecumseh a un pressentiment. «Nos vies sont entre les mains du Grand Esprit, se souvient-il avoir dit plus tôt. Nous sommes déterminés à défendre nos terres et, si c’est Sa volonté, nous voulons y laisser nos os.» Le lendemain matin, peu de temps avant la bataille, Tecumseh longe les lignes britanniques. Il a inséré une belle plume d’autruche blanche dans un mouchoir roulé sur son front tel un turban.
Quel sort le pousse sur un champ de bataille au Canada, si loin de l’endroit où il est né, sur la rivière Scioto, dans le sud de la vallée de l’Ohio?

Depuis sa tendre enfance, Tecumseh considère les Américains comme ses ennemis. Les Américains, que les Shawnee appellent «Grands Couteaux» à cause des épées qu’ils portent, ont saisi les territoires de chasse des Shawnee, tué le père de Tecumseh et détruit ses villages. En 1786, les Shawnee sont forcés de signer un traité selon lequel ils cèdent presque tout leur territoire, une région englobant aujourd’hui l’ouest et le sud de l’Ohio.

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Tecumseh (peinture de W.B. Turner/Metropolitan Toronto Library)

En 1795, Tecumseh est un chef guerrier et civil engagé dans un combat futile pour la survie de son peuple. Le nouveau siècle trouve les Shawnee sombrant dans la pauvreté, la dissension et la maladie. Suivant les prêches de son frère Lalawéthika enjoignant son peuple de revenir aux coutumes traditionnelles, Tecumseh abandonne ses vêtements européens et choisit, pour le village de son peuple, un nouvel emplacement sur la rivière Wabash, au sud de l’embouchure de la rivière Tippecanoe.

Quand les Américains, toujours assoiffés de territoires, déracinent de nouveau les Shawnee en 1809, c’est un Tecumseh furieux qui sillonne toute la vallée de l’Ohio pour rallier les tribus dans une défense commune. Allant de nation en nation, il tente sans relâche d’unir d’ex-rivaux et des peuples dont les langues leur sont mutuellement incompréhensibles. En 1811, William Henry Harrison écrit que la capacité de Tecumseh à inspirer la loyauté chez des peuples aussi disparates «témoigne d’un de ces génies hors du commun qui émergent de temps à autre pour produire des révolutions et renverser l’ordre des choses.» Tecumseh parle avec véhémence des torts que les Blancs leur ont infligés et exhorte les Indiens à lutter.

En 1812, lorsque la guerre éclate entre les États-Unis et l’Angleterre, Tecumseh se range sans hésiter derrière les Anglais et conduit ses guerriers au Canada.

Le 12 juillet 1812, une armée américaine sous le commandement du général Hall franchit la rivière Detroit et envahit le Haut-Canada. Tandis que le peuple est terrorisé et que la milice s’enfuit, Tecumseh renverse la vapeur en montant une embuscade à Brownstown : 20 soldats américains y perdent la vie et les Indiens s’emparent de rapports de renseignement. Le futur romancier John Richardson, alors âgé de 15 ans, décrit la façon dont Tecumseh subjugue ses partisans : «il y avait cette ardeur dans l’expression de ses yeux… qui ne pouvait que le faire aimer de ses guerriers.»

Sous la gouverne de Tecumseh, la campagne prend un tout autre aspect. Rejoints par le général Isaac Brock, les alliés indiens et britanniques mettent les Américains en déroute et capturent Fort Detroit, le 16 août 1812. Hall et ses 2188 hommes se rendent. D’un coup, la menace au flanc oriental du Haut-Canada est endiguée. Pendant toute la campagne, Tecumseh mène bravement sa confédération au combat et déjoue habilement ses ennemis, en nombres supérieurs. Le 13 mai 1813, il remporte une victoire décisive dans le bois de Fort Meigs. Brock l’appelle le «Wellington des Indiens». «À ce que je sache, il n’est pas de guerrier plus sagace ou plus vaillant», écrit-il.

Hélas, Brock meurt bientôt au combat à Queenston. Après la victoire navale des Américains à Put-in-Bay, une autre armée américaine envahit le Haut-Canada. C’est cette force de 3500 hommes sous le commandement du général William Harrison qui confond Tecumseh et les Anglais, le 5 octobre 1813, sur la rivière Thames à Moraviantown. Le général anglais, Henry Procter, s’enfuit à dos de cheval et, découragés, les Tuniques rouges rompent les rangs et capitulent.

Tecumseh a caché ses hommes dans les fourrés d’un marais et, lorsqu’un second bataillon d’Américains s’avance, les Indiens sortent du couvert et leur administre une raclée. Voulant inspirer ses troupes, Tecumseh s’élance vers l’avant, mais il est abattu d’une balle. Sa réputation est telle que plusieurs revendiquent le coup fatal. Désormais sans chef, les hommes de Tecumseh capitulent. Heureusement, les Américains retournent à Detroit sans exploiter leur victoire de la Thames.

Le leadership dynamique et les brillantes victoires de Tecumseh jouent un rôle décisif dans la défense du Canada, qui demeure indépendant après la victoire des Américains. Tecumseh n’a cependant pas combattu pour les Anglais, mais bien pour son peuple. Les historiens et romanciers canadiens – et américains – chantent ses louanges, mais son héritage le plus important revient aux Premières Nations, pour lesquelles Tecumseh demeure l’ultime symbole du courage, de l’effort et de la fraternité.



James H. Marsh, rédacteur en chef de L’Encyclopédie
canadienne


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Premières Nations

Les Premières Nations : pris entre deux grandes puissances avides de territoires, les Amérindiens étaient sans doute ceux qui avaient le plus à perdre dans le conflit. Les chefs et les guerriers, inspirés par de puissants orateurs, se sont battus pour la survie de communautés et de cultures dont les racines plongent l'Amérique profondément dans le sol.

Note : Les autorités britanniques et américaines ont souvent négligé de mentionner la participation amérindienne aux événements et les Autochtones n'avaient pas, à ce moment-là, d'histoire écrite. C'est pourquoi nous avons peu de documentation d'époque sur les personnages autochtones qui ont marqué la guerre. Plusieurs des discours d'Amérindiens que vous pourrez lire ont été transcrits par ceux qu'on appelait " Indian agents ". La plupart de ceux-ci avaient au moins un peu de sang indien et travaillaient pour les Blancs.

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Black Bird

Black Bird était un des chefs des Potowatomis qui, en août 1812, dirigèrent l'attaque contre les réfugiés du Fort Dearborn. Pour défendre les guerriers autochtones qui réagissaient aux attaques virulentes des volontaires blancs contre les Premières Nations du Territoire de l'Illinois, Black Bird déclara : « La façon dont les Longs Couteaux traitent nos morts et les dépouilles qui reposent dans les tombes à l'Ouest déchaîne la colère de mon peuple. Quand ils s'emparent de nos gens, les Longs Couteaux les coupent en pièces comme s'ils étaient de la viande. »


Blâmé par les Britanniques pour la férocité de ses guerriers en 1813, Black Bird résume ses sentiments à l’égard de la guerre

" Frères, nous avons écouté ces mots, qui viennent de notre père. À notre tour maintenant de te parler. Au printemps, nous avons combattu les Longs Couteaux, au pied des rapides, et certains de nos guerriers y ont laissé leur vie. Quand nous nous sommes retirés, les Longs Couteaux se sont emparés de leurs dépouilles. Non contents de les avoir tués, ils les ont coupés en pièces. Cela a fait naître la colère en nous. J’ai dit à mon peuple : " Aussi longtemps que la poudre brûlera, tuez et scalpez.
"

Mais ceux qui nous suivaient survinrent et firent du mal.

Frères, l’an dernier, à Chicago et à Saint-Joseph, les Longs Couteaux ont détruit toute notre récolte de maïs. Nous l’acceptons parce que c’est la guerre. Mais ils n’ont pas laissé nos morts reposer en paix. Ils ont creusé nos tombes et dispersé les os de nos ancêtres.

Frères, j’ai écouté attentivement les mots de notre père. Si, après avoir tué les nôtres, les Longs Couteaux ne mutilent pas leurs corps, nous suivrons leur exemple. Ils n’ont qu’eux-mêmes à blâmer. La façon dont les Longs Couteaux traitent nos morts et les dépouilles qui reposent dans les tombes à l’Ouest déchaîne la colère de mon peuple. Quand ils s’emparent de nos gens, les Longs Couteaux les coupent en pièces. Nous croyions que les hommes blancs étaient des chrétiens. S’ils l’étaient, ils prêcheraient par l’exemple. Nous laissons leurs morts en paix, qu’ils fassent de même avec les nôtres.

Ce que je dis est connu de tous ceux qui sont ici présents. Je ne mens pas. "


Black Hawk

Chef de la nation autochtone des Sauk, Black Hawk faisait parti des ennemis les plus implacables des Américains. Il déclara un jour: " Je me suis battu contre les Longs Couteaux et continuerai à le faire ainsi jusqu’au jour où ils quitteront nos terres. " Black Hawk consacra sa vie à la lutte pour la restitution des territoires dérobées aux autochtones.


John Brant - Ah’You’wa’eghs

Le jeune fils de Joseph Brant n’avait que dix-huit ans quand la guerre a éclaté. Il était le chef, de nom seulement, des Iroquois de la rivière Grand, mais il s’en remettait entièrement à John Norton, dont l’expérience et l’influence étaient beaucoup plus grandes. Brant a combattu à Queenston Heights où lui et un compagnon guerrier ont failli tuer le général américain Windfield Scott. Ah’You’wa’eghs est demeuré fidèle à Norton et aux Britanniques, même après la tragédie de la bataille de Chippewa. En dépit de ses efforts, cependant, le jeune chef ne réussit pas à persuader un grand nombre d’Iroquois de poursuivre le combat.

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John Brant (Ah’You’wa’eghs), Iroquois

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:03

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La confédération Creek

La confédération creek était une alliance des Premières Nations des régions orientales et nordiques du territoire du Mississippi qui partageaient beaucoup de caractéristiques culturelles. Cette confédération comprenait les tribus du Lower Creek, à l’Est (la Géorgie actuelle), les tribus du Upper Creek, à l'Ouest, ainsi que quelques tribus de la nation des Choctaws. Tout comme les Premières Nations du Nord-Ouest, les Creeks subissaient de réelles pressions de la part des Blancs en raison de leur empiétement grandissant sur leurs territoires. Les réactions diverses des Creeks à cette pression provoquèrent une division au sein de la confédération et menèrent, finalement, en 1813, à la guerre civile creek.

L’origine du conflit datait des années précédant la guerre creek. En plus de certaines différences linguistiques et ethniques avec les habitants du Upper Creek, ceux du Lower Creek avaient eu une plus longue histoire de contact avec les colons blancs et avaient, petit à petit, commencé à incorporer à leur style de vie les pratiques blanches comme l’agriculture et la notion de propriété privée. Les habitants du Upper Creek étaient troublés par ce qu'ils considéraient être une assimilation passive de leurs cousins. Une nouvelle conscience d’identité et un appel au retour aux traditions furent inspirés par la renaissance religieuse qui balaya les régions du Upper Creek en 1811. Bien qu'ils se méfient d'une alliance possible avec les Britanniques en 1812, les Indiens du Upper Creek ne désapprouvaient pas l’idée de Tecumseh d'une confédération autochtone basée sur la tradition qui s'étendrait des Grands Lacs jusqu’au golfe du Mexique et qui enrayerait l'expansion des Blancs à l'ouest des États-Unis.

Craignant de dures représailles, les Indiens du Lower Creek et les Choctaws avaient jugé qu’il valait mieux rester tranquille et ne pas irriter le gouvernement des États-Unis en attaquant les colons blancs. Mais les guerriers du Upper Creek avaient décidé de résister et d’attaquer les expansionnistes américains. Ils lancèrent leur campagne au printemps de 1812 et les premiers colons blancs furent tués. Un groupe d’environ quatre mille Creeks allait devenir notoirement connu sous le nom de " Bâtons rouges ". Ce nom provient de la tradition creek d'utiliser un paquet de bâtons pour compter les jours jusqu'à ce qu'un événement se produise ; si les bâtons sont teints en rouge, cet événement est une guerre.

Comme suite à cette attaque, une réunion du conseil national des Creeks fut convoquée. Lors du conseil, largement dominé par les chefs influents du Lower Creek, il fut décidé qu'un exemple devait être fait afin d'arrêter les Bâtons rouges ou, du moins, que les tribus du Lower Creek puissent se dissocier du massacre des Blancs. Un chef des Bâtons rouges nommé Little Warrior fut exécuté. Pour les Bâtons rouges, cet acte fratricide ne fit que renforcer leur conviction que leurs cousins du Lower Creek étaient en voie de succomber à l'influence de la mentalité blanche.

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Siège de la guerre des Creeks dans le Haut-Alabama

La déclaration de guerre américaine, en juin 1812, vint intensifier les tensions au sein de la confédération creek. La Grande-Bretagne et son allié espagnol en Floride occidentale avaient bien essayé d’entraîner les Bâtons rouges dans une alliance, mais ces derniers étaient résolus à garder leurs distances face à cette guerre de l'homme blanc. Mais, au cours de l’été de 1813, la crise interne s’aggrava lorsque les Bâtons rouges attaquèrent le village creek de Tuckabatchee en guise de représailles pour la mort de Little Warrior. Ceci déclencha une guerre civile qui allait durer plus de neuf mois.

Les Indiens du Upper Creek demandèrent alors de l'aide ; des unités de la milice des États environnants y répondirent, espérant ainsi arrêter les attaques violentes qui menaçaient leurs colonies. Les Bâtons rouges recherchèrent également de l’aide extérieure et, en juillet 1813, par des contacts britanniques, se procurèrent de la poudre et du plomb des autorités espagnoles de Floride. Mais la troupe de Bâtons rouges qui rentrait avec la cargaison tomba dans un guet-apens de la milice américaine à la rivière Burnt Corn. D’abord mis en déroute, les Bâtons rouges se regroupèrent et l’emportèrent sur les Américains. Cette victoire gagna encore plus de Creeks à la cause des Bâtons rouges.

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La bataille de Horse Shoe


Un discours à la nation Creek prononcé en 1816 par Andrew Jackson

Andrew Jackson était très conscient de la rancœur que son traité du fort Jackson de 1814 avait créée. Le discours qui suit, prononcé en 1816, est à la fois une menace et un avertissement à la nation Creek ; son objectif était d’essayer de forcer un règlement de territoire une fois pour toutes. La nation des Creeks allait, en fin de compte, recevoir 25 200 $ en dommages de guerre, geste que le gouvernement des États-Unis considérait tout à fait équitable.

" Amis et frères ! Vous savez que je suis votre ami. Souvenez-vous du temps où votre nation écoutait les conseils de mauvais hommes ; du temps où vous êtes devenus fous à cause des prophéties de sorciers malfaisants entraînés par les machinations de la Grande-Bretagne et de l'Espagne... Souvenez-vous comment j'ai détruit vos ennemis, comment j’ai exécuté et chassé ces mauvais prophètes… et comment, par la capitulation et le traité du fort Jackson, j’ai redonné la paix à votre nation...

Écoutez, mes frères, ne vous ai-je pas envoyé mes guerriers ? Et n’ai-je pas tué deux cents Indiens hostiles alors que les Britanniques n'ont envoyé aucun homme pour les protéger ? Après les avoir excités à faire la guerre, après leur avoir juré protection, les Britanniques se sont sauvés comme des lâches et ont laissé les Indiens mourir. Après tout cela, y a-t-il un seul homme de votre nation assez fou pour écouter encore leurs paroles mensongères ?

Amis et frères, j’ai de la peine parce que certains d’entre vous ont encore écouté les malveillantes paroles du colonel Nicholls qui vous incite à vous opposer aux ententes établies dans le traité du fort Jackson...

Écoutez, mes frères, je ne vous ai jamais menti. Aujourd’hui, je vous dis que les ententes doivent être respectées et que la moindre résistance entraînera la mort immédiate des opposants. Écoutez, mes frères, mes hommes sont prêts à écraser tous les ennemis des États-Unis... Je suis votre ami et votre frère. "


Tecumseh 1020-andrew_jackson


Le sud durant la guerre de 1812

L’intraitable Red Stick Creeks et ses esclaves évadés, les avant-postes espagnols en Floride et dans l’Ouest, les bases britanniques pas tellement éloignées dans les Caraïbes, le territoire de langue française de la Louisiane et ses pirates Baratarian, voilà le décor diversifié et fascinant qu’offrait le Sud pendant la Guerre de 1812. Pour les États-Unis, cette situation instable présentait plusieurs problèmes. La Nouvelle-Orléans constituait la seule présence américaine solide dans une région pratiquement coupée du reste du pays en raison de ses liens terrestres ténus et d’un blocus naval britannique des plus efficaces. En dépit de cela, et jusqu’en 1814, les Britanniques ne se sentaient pas suffisamment forts pour lancer une offensive à grande échelle dans le Sud. Cette offensive se termina par la victoire sans équivoque des Américains à la Nouvelle-Orléans ; elle allait, d’ailleurs, marquer la dernière confrontation majeure de la guerre. Les récits de cette bataille ont assuré un titre de gloire au sud américain et continuent de jouer un rôle important dans le mythe de la guerre.


Régions de la guerre de 1812

L’Amérique du Nord, des forêts de bois dur du Haut Canada jusqu’aux bayous dans le bas du fleuve Mississippi, tel est l’énorme continent qui allait servir d’enjeu dans la Guerre de 1812. L’immensité du territoire disputé allait différencier ce conflit des guerres napoléoniennes livrées en Europe à la même époque, car, sur les champs de bataille canadiens et américains, des groupes d’hommes, relativement peu nombreux, allaient se battre pour gagner le contrôle de vastes étendues de terre et d’eau.

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Carte principale


Nord-ouest

La Guerre de 1812 allait sceller le destin des Premières Nations de l’est des États-Unis. Ceci est la tragique histoire des territoires du Nord-Ouest. L’Indiana, le Michigan, l’Ohio et le Haut Canada occidental allaient servir de sépulture à tous les espoirs autochtones. Ce fut une véritable guerre frontalière. Les combats qui se livrèrent dans le Nord-Ouest furent intenses et sauvages, avec les horreurs de massacres, de scalps et de torture toujours présentes.

Tecumseh Northwest


Résumé de la bataille du lac Érié

Dès le mois de septembre 1813, Oliver Hazard Perry, le commandant de la flotte américaine, gagne la maîtrise du lac Érié en établissant un blocus contre les Britanniques à Amherstburg, sur la rivière Detroit. Pour les commandants de l’armée et de la marine britanniques, Henry Procter et Robert Barclay, la situation est désespérée.

En fait, à cause du blocus, les réserves de nourriture sont dangereusement basses. Les marins ne reçoivent plus que des demi-portions en guise de repas et il n’y a plus d’argent pour payer les troupes. Malgré son infériorité numérique, l’escadre britannique n’a plus d’autre choix que d’engager le combat contre la flotte américaine.

Le 9 septembre, Barclay quitte Amherstburg afin de rouvrir les voies d’approvisionnement du lac Érié. Le lendemain, à Put-in-Bay, il croise les navires d’Oliver Hazard Perry. L’engagement qui s’en suivit fut dramatique. Cette bataille navale viendrait à occuper une place très importante dans la mythologie de la guerre.

Après presque quatre heures de tirs de canon intensifs, d’actes individuels d’héroïsme et de très grandes souffrances humaines, les Britanniques capitulent. À bord du vaisseau amiral de Perry, le Lawrence, seulement vingt hommes sur cent trois sortent indemnes du combat ; les autres sont tués ou blessés. Le commandant Barclay qui est manchot subit des blessures graves à son épaule valide et à la cuisse.

La bataille se termine par une victoire sans équivoque des Américains. C’est la première fois dans l’histoire qu’une flotte britannique entière est défaite et capturée par l’ennemi.

Immédiatement après la bataille, Perry rédige une dépêche qui devint la citation le plus souvent répétée de la guerre : " Nous avons rencontré l’ennemi et nous l’avons capturé. "

La victoire navale américaine ouvre la voie à la réussite de l’invasion du Haut-Canada par William Henry Harrison. Ayant perdu tout accès au lac Érié, Procter doit abandonner Amherstburg et battre en retraite le long de la Thames Valley. Harrison rattrape les forces alliées des Premières Nations et des Britanniques à Moraviantown. Il y détruit les armées de Procter et de Tecumseh.


Centrale

Cette zone a été le cœur géographique de la guerre. Aucune autre région n’a connu autant de combats, ni autant de loyautés divisées. Lorsque la guerre éclata, la frontière n’était pas considérée comme un enjeu important par la plupart des gens qui vivaient à proximité. La majorité des habitants du Haut Canada, en 1812, étaient des colons américains. L’allégeance de ces pionniers pouvait facilement aller d’un côté comme de l’autre. À mesure que la guerre progressait, cependant, le niveau d’animosité s’amplifia. Les voisins commencèrent à se battre entre eux, les familles furent déchirées, et des communautés entières furent complètement rasées.


Nord-est

Bien que moins convoitée comme pays que le Sud et l’Ouest, cette région était la clef de la survivance de l’Amérique du Nord britannique. Si les États-Unis avaient réussi à couper la voie de ravitaillement britannique du fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Montréal, tout le Haut Canada serait tombé aux mains des Américains. Les appuis dans ce conflit étaient inégaux des deux côtés de la frontière dans la région du Nord-Est. Les habitants du Vermont fournissaient l’armée britannique, et personne ne savait comment les Canadiens français du Bas Canada allaient réagir à l’invasion américaine.

Tecumseh Northeast


Est

Vers la fin de 1812, des centaines de kilomètres de régions sauvages et de terres récemment défrichées séparaient les grands centres de la côte est des États-Unis des champs de bataille sanglants du nord. Mais cette zone tampon ne pouvait pas protéger les communautés côtières de l’Est contre la puissante Royal Navy. Les soldats britanniques effectuaient des raids contre les villages dans la baie de Chesapeake tandis que leurs navires de guerre bloquaient, avec grande efficacité, le commerce maritime américain. En août 1814, les Britanniques débarquèrent des milliers de troupes d’expérience sur les rives de la baie Chesapeake - même la résidence de l’épouse du Président ne fut pas épargnée. Pour les habitants de Washington, c’était là une introduction plutôt humiliante aux horreurs de la guerre. L’idéalisme démocratique des milices américaines ne pesait pas lourd face à la discipline rigoureuse de l’armée de métier britannique. Bien que la défense ultérieure de Baltimore fût proclamée comme une grande victoire américaine, les ruines fumantes de la maison des Représentants demeurèrent longtemps un rappel douloureux du sac de la capitale de la jeune république.

Tecumseh East


Le Sud

L’intraitable Red Stick Creeks et ses esclaves évadés, les avant-postes espagnols en Floride et dans l’Ouest, les bases britanniques pas tellement éloignées dans les Caraïbes, le territoire de langue française de la Louisiane et ses pirates Baratarian, voilà le décor diversifié et fascinant qu’offrait le Sud pendant la Guerre de 1812. Pour les États-Unis, cette situation instable présentait plusieurs problèmes. La Nouvelle-Orléans constituait la seule présence américaine solide dans une région pratiquement coupée du reste du pays en raison de ses liens terrestres ténus et d’un blocus naval britannique des plus efficaces. En dépit de cela, et jusqu’en 1814, les Britanniques ne se sentaient pas suffisamment forts pour lancer une offensive à grande échelle dans le Sud. Cette offensive se termina par la victoire sans équivoque des Américains à la Nouvelle-Orléans ; elle allait, d’ailleurs, marquer la dernière confrontation majeure de la guerre. Les récits de cette bataille ont assuré un titre de gloire au sud américain et continuent de jouer un rôle important dans le mythe de la guerre.

Tecumseh South

L’intraitable Red Stick Creeks et ses esclaves évadés, les avant-postes espagnols en Floride et dans l’Ouest, les bases britanniques pas tellement éloignées dans les Caraïbes, le territoire de langue française de la Louisiane et ses pirates Baratarian, voilà le décor diversifié et fascinant qu’offrait le Sud pendant la Guerre de 1812. Pour les États-Unis, cette situation instable présentait plusieurs problèmes. La Nouvelle-Orléans constituait la seule présence américaine solide dans une région pratiquement coupée du reste du pays en raison de ses liens terrestres ténus et d’un blocus naval britannique des plus efficaces. En dépit de cela, et jusqu’en 1814, les Britanniques ne se sentaient pas suffisamment forts pour lancer une offensive à grande échelle dans le Sud. Cette offensive se termina par la victoire sans équivoque des Américains à la Nouvelle-Orléans ; elle allait, d’ailleurs, marquer la dernière confrontation majeure de la guerre. Les récits de cette bataille ont assuré un titre de gloire au sud américain et continuent de jouer un rôle important dans le mythe de la guerre.


Tecumseh South

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Les Six-Nations iroquoises


En 1812, alors que les colonies américaines et canadiennes continuaient de se développer à vive allure, l’influence politique de la Confédération des Six-Nations commençait à décroître. La confédération se retrouvait dans un environnement de plus en plus malaisé. Le Traité de Paris de 1783 qui mettait fin à la guerre de l'Indépendance américaine, laissait les Iroquois à cheval sur une nouvelle frontière entre les États-Unis et le Canada. Cette frontière finit par créer une division politique et physique entre des tribus de même sang.

La Confédération des Six-Nations comprenait les nations suivantes : Mohawk, Cayuga, Onéida, Onandaga et Sénéca. La nation Tuscarora s’y joignit plus tard. Traditionnellement, elles occupaient les territoires dans la région qui allait devenir le centre de l’État de New York; près de trois mille Indiens, cependant, vivaient dans des régions du Bas-Canada, et un groupe moins important s’était établi au Haut-Canada. Le chef iroquois Thayendanega (Joseph Brant) avait mené son peuple contre les Américains pendant la guerre d’Indépendance. Après la guerre, Brant avait établi une communauté à rivière Grand (Grand River), dans la péninsule de Niagara au Haut-Canada.

Cette communauté de rivière Grand se considérait partie intégrante d’une nation indépendante. Elle était constituée essentiellement d’Iroquois, mais elle comptait également des Indiens d’autres tribus ainsi que quelques colons noirs et blancs qui préféraient le mode de vie des Premières Nations. Comme elle s'était consignée à un territoire limité, la communauté de rivière Grand devint de plus en plus dépendante du gouvernement des blancs en ce qui concernait les approvisionnements dont elle avait besoin pour continuer de mener un mode de vie européen qui mettait l’accent sur l’agriculture.

La division entre les Iroquois de chaque côté de la frontière canado-américaine s’accentua lorsque le conflit de 1812 s’aggrava. Les Iroquois avaient de bonnes raisons de se méfier des gouvernements britannique et américain. L’expérience leur avait démontré que le souci pour le bien-être autochtone, manifesté par ces derniers, était toujours et directement lié aux intérêts des Blancs. Les promesses faites par les gouvernements des Blancs étaient souvent brisées.

Les Iroquois de New York étaient déterminés à demeurer neutres. De nombreux Iroquois du Canada étaient également enclins à se tenir à l’écart des conflits entre Blancs. Cependant, le grand chef de la communauté de rivière Grand avait une vision différente. Teyoninhokarawen (John Norton) croyait que les intérêts de son peuple ne pouvaient pas être aussi facilement dissociés des affaires de la société des Blancs qui les entouraient. Il pensait que le bien-être de sa communauté se trouverait mieux protégé par une alliance avec les Britanniques.

Peut-être que les campagnes brutales menées par William Henry Harrison contre les Indiens des territoires du Michigan et de l’Ohio ont facilité le choix de partenaires qu’allait faire Norton. Après de longues négociations, les Six-Nations s’entendirent entre elles pour que les Iroquois de New York conservent leur neutralité. La communauté de rivière Grand aurait la liberté de combattre aux côtés des Britanniques. Et, plus important encore, aucun guerrier iroquois n’affronterait ses frères au combat.

Au début, l’accord fut tenu. Les Iroquois de rivière Grand et de Kahnawake contribuèrent de façon marquante aux victoires britanniques à Beaver Dams et à Queenston Heights. Mais lorsque les Britanniques envahirent Black Rock, durant l’été de 1813, les Sénécas et les Iroquois qui vivaient à proximité interprétèrent ce geste comme une attaque dirigée contre eux. Les tribus américaines répliquèrent en prenant part au raid américain contre le fort George où ils affrontèrent leurs frères de rivière Grand.

Happés par des événements hors de leur maîtrise, les Iroquois combattront à nouveau dans des camps opposés, à la bataille de Chippewa, en juillet 1813. Au cours de cette bataille, plus de quatre-vingts guerriers iroquois seront tués, la plupart par d’autres Iroquois. Cette tragédie poussera les Iroquois à se retirer presque entièrement de la guerre afin de sauvegarder leur confédération.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:04

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Tecumseh à Détroit


À Amherstburg, là où la première confrontation majeure de la guerre qui vient tout juste d’éclater, est en train de se préparer, les résultats des efforts de Tecumseh pour créer la First Nations Confederacy sont palpables. Tecumseh a réuni près de huit cent guerriers impatients d’en découdre avec les troupes américaines. Conscients que les Américains ont peur des Autochtones, et sachant que des guerriers des Premières Nations ont aidé à la capture de Michilimackinac, un nombre accru de tribus demeurées neutres jusque-là se rallie à la coalition grandissante de Tecumseh.

Tecumseh rencontre Brock pour la première fois, le 14 août, peu après minuit. Le général l’impressionne et il voit en Brock un guerrier et un commandant de grande compétence. Il sent aussi que Brock comprend la situation désespérée des Premières Nations du Nord-Ouest. Le lendemain matin, Tecumseh s’adresse à ses hommes. Il fait acte d’allégeance au souverain britannique, affirmant que ce dernier est enfin venu aider son peuple à repousser les Américains.

Après s’être rendus à Sandwich pour y évaluer la situation, Tecumseh et Brock décident que les Autochtones iront manifester leur présence aux Américains enfermés à l’intérieur de fort Detroit. Tecumseh estime que Brock est comme lui, un homme d’action et de courage. Pour amorcer la confrontation, Tecumseh, aux petites heures au matin du 16 août, traverse la rivière avec le gros de son armée et cerne Detroit.

La bataille tant attendue avec les Américains n’a pas lieu. Fort Detroit se rend presque immédiatement. Les guerriers se sentent privés d’une chance de montrer leur bravoure. À défaut de cela, ils comptent bien s’en prendre aux survivants. Mais, grâce à son influence, Tecumseh empêche le massacre. Pour les Autochtones, cette capitulation sans combat est un autre exemple de la façon étrange que l’homme blanc a de faire la guerre. Cette reddition amène Tecumseh à penser que ses alliés britanniques pourraient peut-être bien exhiber une faiblesse semblable dans un moment décisif.

L’inquiétude de Tecumseh quant à l’engagement britannique dans cette guerre ne fait qu’augmenter, quand il entend parler de l’armistice signé par le gouverneur général George Prevost et le ministre de la Guerre américain Henry Dearborn. Il sait que tous les espoirs de sa confédération, c’est-à-dire la création d’une patrie autochtone, dépendent de la volonté des Britanniques à vaincre les Américains.

Malgré l’apport vital des guerriers de Tecumseh à la victoire de Detroit, il en ait peu fait mention dans les rapports britanniques officiels. Brock parle de leur bravoure dans une de ses dépêches, mais on sent qu’il les considère comme des partisans sympathisants, et non comme des alliés à part égale.

Le capitaine John B. Glegg était un des aides de camp du général Brock à Amherstburg. Il a fait cette description de Tecumseh à l’occasion d’une rencontre entre le chef Shawnee et le général :

" Tecumseh est d’apparence générale très avenante; son corps est élancé et bien proportionné. Il doit avoir autour de trente-cinq ans. Il fait entre cinq pieds neuf pouces et cinq pieds dix pouces (1 m 78). Il a le teint légèrement cuivré. Son visage est ovale avec des yeux noisette pétillants de gaieté, d’énergie et de détermination. Il porte trois petites couronnes d’argent suspendues au cartilage inférieur de son nez aquilin, et un grand médaillon à l’effigie de Georges III, attaché à une corde wampum colorée, pend à son cou. Simple et propre, l’uniforme qu’il porte est fait d’une veste en peau de daim tannée et d’un long pantalon fait du même cuir. Les coutures de ces deux vêtements sont couvertes d’une frange bien coupée. Il chausse des mocassins de cuir richement ornés d’aiguillons de porcs-épics teints. "

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:04

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Premières Nations à Détroit

" Voici une chance qui nous est offerte… oui, une chance qui ne se représentera jamais plus pour nous, Indiens de l’Amérique du Nord, de nous rassembler en une grande alliance, et d’unir notre destinée à celle des Britanniques dans cette guerre… "
Tecumseh s’adressant aux siens après avoir entendu le Général Hull promettre aux Indiens la protection des États-Unis en échange de leur neutralité.
Dans les heures encore obscures du petit matin, plus de cinq cents braves, fardés de peinture de guerre, rament silencieusement en traversant la rivière en direction de fort Detroit. La nuit précédente, des guerriers Indiens, les Shawnees, Powatatomis, Ottawas, Kickapoos, Delawares et Wyandots, ont dansé la danse de la guerre. Pendant la traversée, ils portent en eux l’espoir que la bataille qui approche incitera les autres tribus à se joindre à leur confédération. Ils savent, également, que les Américains les craignent plus que tout autre chose.

Les guerriers sont impatients d’entrer en action. Ils savent que certains soldats américains à l’intérieur du fort ont pris part à la bataille au cours de laquelle le siège de la confédération de Tecumseh, à Tippecanoe, a été détruit. Tecumseh et son armée autochtone ont déjà joué un rôle de premier ordre en empêchant le convoi de ravitaillement, parti de fort Dearborn, d’atteindre le général Hull à Detroit. Mais c’est l’arrivée de Brock et sa volonté d’action rapide, qui donne à la confédération indienne l’occasion de démontrer l’impressionnante cohésion de ses forces.

Une fois la rivière franchie, Tecumseh et ses hommes, dissimulés autour du périmètre de Detroit, attendent les premières lueurs du jour. À l’aube, venant du Nord et de l’Ouest, les guerriers se dirigent vers le bourg. Personne n’essaie de les arrêter. Arrivés plus près du fort, les Indiens, à la vue des soldats américains, traversent une petite clairière. Ils disparaissent dans la forêt puis, faisant un crochet, ils traversent la clairière à nouveau plusieurs fois. Cette astuce convainc les Américains qu’ils ont affaire à plus de mille cinq cents guerriers, alors qu’en réalité ils ne sont que cinq cents.

Leur présence terrifiante est la seule arme dont ils ont besoin pour vaincre l’ennemi. Hull se rend avant même que la bataille ne soit engagée. Fidèle à sa parole, Tecumseh empêche le massacre rituel des prisonniers américains après la reddition. Ses guerriers, néanmoins, se joignent aux Britanniques pour piller la ville.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:05

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Brock à Détroit

Tecumseh Brock
Isaac Brock, Britannique


L’annonce de l’invasion du Haut-Canada par le général Hull et l’établissement de ses quartiers généraux à Sandwich, force Brock à agir. Malgré les ordres de Sir George Prevost de ne pas provoquer l’ennemi, Brock part pour le front. De son côté, Prevost ne perd pas espoir qu’une solution diplomatique au conflit soit encore possible.

Le 5 août, Brock quitte York avec ses troupes et se dirige vers le fort Érié par voie terrestre. À son arrivée, il réquisitionne les bateaux des citoyens de l’endroit. Neuf jours plus tard, dix gros bateaux qui prennent l’eau déposent sur la rive est de la rivière Detroit les quatre cents soldats qui composent sa modeste troupe. Ces soldats sont pour la plupart des miliciens qu’il a recrutés en cours de route.

Brock se rend à Amherstburg, confiant que les troupes américaines sont très mal équipées et que leur moral est très bas. Les Britanniques ont obtenu ces renseignements après s’être emparés de la goélette américaine, Cuyohoga Packet. Sur le bateau, ils ont trouvé, entre autres choses, un sac contenant la correspondance personnelle de Hull.

Ces lettres révèlent que Hull a surévalué les forces ennemies et qu’il est terrifié par les guerriers de Tecumseh. En route vers Amherstburg, Brock apprend aussi que Hull redoute tellement la force et le savoir-faire des Britanniques qu’il a abandonné sa base de Sandwich.

Peu de temps après son arrivée, Brock rencontre pour la première fois le légendaire Tecumseh. Il est très impressionné par son allié et aussi très heureux d’apprendre que lui et ses guerriers ont déjà affronté l’ennemi à deux reprises. Ces attaques perpétrées par Tecumseh ont empêché que les ravitaillements désespérément attendus n’atteignent les forces américaines à fort Detroit, en amont de la rivière.

Utilisant les renseignements interceptés au sujet des forces américaines, Brock en conclut que ses meilleures chances de succès résident dans l’exploitation des craintes de Hull. Il décide de lancer une offensive britannique dont le fer de lance serait une force indienne très importante et très visible. Tecumseh y consent sans réserve.

Brock est conscient qu’il outrepasse le mandat que ses supérieurs lui ont confié. En effet, une action directe contre les Américains est précisément ce que Prevost essaie d’éviter. Mais Brock n’a jamais caché sa répugnance pour la politique de Prevost. Brock et Tecumseh seraient tout aussi dégoûtés s’ils savaient ce que Prevost manigançait pendant qu’ils préparaient leur première confrontation majeure de la guerre. Une semaine plus tôt, le gouverneur général Prevost s’était mis d’accord avec le général américain Dearborn pour signer un armistice. Brock ignore tout de cette entente. Sa stratégie à lui c'est d’attaquer.

Brock est lui-même surpris du succès de ses actions audacieuses. Quand il met pied à terre sur le côté américain de la rivière, au sud de Detroit, il apprend qu’une force ennemie de trois cent cinquante hommes s’apprête à l’encercler par l’arrière. Continuant son avance vers le fort, il met ses hommes à l’abri dans un ravin tout proche. Ensuite, Brock s’avance seul, devant ses troupes. Il ne lui reste que très peu de temps pour décider de ce qu’il va faire. Il ne peut rien entreprendre sans révéler la véritable taille de ses effectifs. Heureusement pour Brock, sa tromperie réussit. Il cache son étonnement lorsqu'il voit venir vers lui un officier américain, drapeau blanc en main, portant un message du général Hull.

Sans plus tarder, Brock négocie la reddition et obtient tout ce qu’il veut : le fort, les canons, les vivres et toutes les troupes, y compris celles des colonels Cass et McArthur revenus à Detroit pour venir en aide à leurs camarades assiégés.

Ce que Brock ne réalise pas immédiatement, c’est que sa victoire fournit quelque chose de beaucoup plus que ce butin militaire à l’effort de guerre britannique : elle excise la mentalité défaitiste qui prévaut au Haut-Canada au début de la guerre. Les lettres de Brock à ses supérieurs font état de son inquiétude à l’égard de ces attitudes, particulièrement au sein des milices : " La croyance générale est que cette province doit succomber… Les législateurs, les magistrats, les officiers de la milice, tous sont de cet avis… Au nom du Ciel, que peut-on faire avec une population si vile? "

La victoire de Detroit fortifie les troupes régulières britanniques, donne de l’espoir aux miliciens peu fiables, et assure le soutien des Indiens de Tecumseh. Qu’on le veuille ou pas, Brock, en capturant Detroit, vient d’ouvrir la voie à une guerre des plus violentes, exactement le genre de confrontation que Prevost espère éviter. Avec ou sans armistice, les Américains ne veulent pas de paix sans le territoire du Michigan.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:05

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Les Américains à Détroit


Émergeant d’un des rares moments de sommeil que lui accorde une nuit qui l’a mis au supplice, le général Hull apprend une nouvelle qui le paralyse littéralement de peur : Tecumseh et ses guerriers ont investi Détroit et se dirigent vers le fort. La tension des six dernières semaines a raison de lui et il s’effondre.

À peine un mois plus tôt, à Sandwich, l’armée américaine a pris pied sur le sol canadien sans rencontrer d’opposition. Pendant un court laps de temps, Hull a cru son armée capable de vaincre l’ennemi, malgré son manque d’équipement, d’entraînement et de commandement. Mais les Américains hésitent à affronter leurs adversaires au fort Malden et les renforts britanniques arrivent. Le 7 août, Hull l'indécis se replie sur Détroit.

Les troupes mal nourries acceptent mal ce retrait et leur moral s’effrite. Une semaine après le retour de l’armée américaine à Détroit, les colonels Cass et McArthur complotent ouvertement dans le but de destituer leur commandant. Hull envoie les deux officiers en mission à la tête d’un détachement de 350 hommes, dans une dernière tentative de trouver un nouveau circuit de ravitaillement. Vu l’imminence de la bataille, la stratégie est pour le moins étrange. Au cours de l’après-midi suivant, à Sandwich, les Américains et les Britanniques se livrent à un duel d’artillerie au-dessus de la rivière, canonnade au cours de laquelle des centaines de livres de boulets de fonte sont tirés bien après la tombée de la nuit.

Maintenant que les guerriers de Tecumseh entrent sans opposition dans la place, Hull perd toute envie de se battre. Les troupes sont impatientes d’en découdre avec l’ennemi, mais l’ordre d’aller au combat n’est pas donné. Les canons des Britanniques, maintenant repostés, sèment la dévastation à l’intérieur du fort. Hull voit ses hommes tués ou démembrés par les boulets. Ses soldats sont fouettés par le désir de vengeance, mais le général voit seulement les conséquences qu’une bataille prolongée pourrait avoir sur sa famille et ses amis restés à l’intérieur du fort.

Hull ordonne d’agiter une nappe blanche à l’extérieur du fort afin de demander un cessez-le-feu. Du côté américain, les soldats et les officiers sont stupéfiés. Tout semblant d’ordre a disparu en même temps que toute volonté de combattre, tandis que circule la nouvelle que le commandant négocie les termes d’une trêve temporaire qui se transforme vite en reddition sans conditions. Les Américains perdent 2200 hommes, le fort, la totalité de leur équipement militaire ainsi que le contrôle du Michigan.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:06

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Hull à Détroit

Tecumseh 252-william_hull
William Hull, Américain


La perte de ses documents militaires personnels et confidentiels aux mains des Britanniques, la nouvelle de la prise du fort Mackinac, et l’incapacité de ses troupes à assurer l’efficacité et la sécurité d’une route de ravitaillement jusqu’à Detroit, ont nettement ébranlé la volonté d’agir du général Hull.

Hull avait été extrêmement confiant lors de l'invasion de Sandwich. Mais le commandant américain devient indécis dans les semaines qui suivent. Il décide de ne pas attaquer Amherstburg avant d’avoir " une certitude absolue de succès ". Il s’inquiète que sa proclamation promettant qu’il n’y aura pas de quartier pour les Canadiens qui combattent aux côtés des Indiens, n’ait été trop agressive; sa déclaration pourrait se tourner contre les Américains et avoir des conséquences macabres si le fort est capturé. Ses officiers le supplient d’aller de l’avant et d’affronter les Britanniques et les Premières Nations à fort Malden. La confiance de Hull s’effrite et, le 7 août, il annonce un repli sur Detroit. Suivi d’une armée au bord de la mutinerie, Hull retourne au fort encore plus angoissé qu’auparavant.

Hull n’a pas réussi à obtenir une promesse de neutralité de la part de Tecumseh et de son alliance autochtone; c’est un dur coup pour lui. Les attaques indiennes ont empêché ses troupes de livrer, en provenance de la rivière Raisin, les ravitaillements dont il a grandement besoin. Des comptes rendus effroyables lui parviennent de survivants, témoins oculaires des ruses et de la férocité des guerriers de Tecumseh. Ces histoires épouvantent tous les Américains et Hull plus que tout autre. La nouvelle récente de la reddition de Michilimackinac le convainc que les Indiens du nord des Grands Lacs vont bientôt descendre se joindre aux autres tribus pour attaquer Detroit.

Le manque de confiance de Hull n’est pas dû uniquement à son caractère. À maintes reprises, il avait supplié le ministre de la Guerre, Henry Dearborn, de lui envoyer des hommes et de l’argent, mais cela lui a été invariablement refusé. De façon plus significative, il n’a pas reçu, tel qu’on lui avait promis, l’appui des forces américaines postées ailleurs, sous forme d’opérations offensives contre Niagara et Kingston. Cela avait été le plan original américain au commencement de la guerre; il avait pour but de disperser les modestes lignes défensives britanniques le long de la frontière. Dearborn omet d’ordonner ces attaques. Cette incompétence au sein de l’administration militaire américaine est un sujet qui ne sera jamais soulevé lorsque Hull sera traduit devant la cour martiale pour avoir perdu Detroit. En fait, le procès sera présidé par nul autre que Dearborn lui-même.

Plus tard, un bon nombre de subordonnés de Hull diront qu’ils avaient été vaincus avant même que la bataille commence. Hull avait refusé d’entreprendre quelque action que ce soit. À un moment donné, il aurait pu avec ses vingt-huit canons et une canonnière britannique isolée sur l’eau, mais il s’en était abstenu. Le jour de l’attaque, Hull refusa de répliquer avec ses canons alors que le bombardement britannique faisait des victimes à l’intérieur du fort. La vue de la destruction le paralysait presque. La seule pensée qui semblait habiter son esprit confus était d’arrêter le danger immédiatement. Tout ce qu’il trouva à faire fut d’agiter un drapeau blanc. La seule décision qu’il prit ce jour-là fut de capituler.

Tandis que les volontaires et les mille six cents miliciens de l’Ohio et du Michigan sont rapatriés chez eux, Hull et ses six cents soldats de métier sont envoyés à Québec par bateau. Plus d’hommes mourront au cours de ce voyage que durant cette funeste campagne.

Le nom de Hull est dénigré à travers les États-Unis ; c’est lui qui subira le raz-de-marée de blâme et de frustration pour cette défaite au tout début de la guerre. Il est injurié par ses troupes et traduit en cour martial sous des accusations de trahison et de couardise. Après un procès de trois mois, il est trouvé coupable de lâcheté et condamné à être fusillé.

Prenant en considération l’âge de Hull et sa participation à la guerre de l'Indépendance, le président Madison lui octroie son pardon. Hull passera le reste de sa vie à défendre son comportement en cette journée d’été fatidique; il le fera en répétant, à peu près les mêmes paroles qu’il avait prononcées après sa reddition : " J’ai fait ce que ma conscience m’a dicté. J’ai sauvé Detroit, et le territoire, des horreurs d’un massacre indien. "

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:06

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La chute du Fort Détroit


Encouragé par la nouvelle que les Britanniques ont facilement capturé fort Mackinac et que Hull hésite à quitter ses positions à Sandwich pour avancer sur Amherstburg, Brock quitte York pour diriger les opérations sur le front de Detroit. Avant son arrivée, il apprend que Hull s’est replié sur Detroit. Pour lui, il s'agit là d'une preuve de la faiblesse de commandement du général américain et il va l'exploiter dans son plan d’attaque.

Le 15 août, lorsque Hull refuse de se rendre, les Britanniques déclenchent un barrage d’artillerie sur le fort Detroit. Bien que la canonnade se poursuive jusque tard dans la nuit, il y a peu de dommages. À l’intérieur du fort, cependant, l’état d’esprit de Hull se détériore rapidement. Il est terrifié à l’idée d’être attaqué par les guerriers de Tecumseh. Le pire de ses cauchemars devient réalité quand cinq cents guerriers des Premières Nations, profitant de la nuit, traversent la rivière Detroit et viennent encercler le fort.

Au lever du jour, les Américains se rendent compte que les guerriers indiens et sept cents soldats du général Brock se dirigent hardiment vers leurs positions. Les canons britanniques, postés de l’autre côté de la rivière, crachent leur feu meurtrier sur le bastion américain surpeuplé. L’ambiance à l’intérieur du fort va bientôt tourner au chaos. Les cris de guerre des Indiens fendent l’air et ont un effet dévastateur sur Hull. L’esprit assailli par des visions de massacres sanglants de soldats et de civils, il se rend malgré le désaccord véhément de ses officiers et de ses soldats. Les Britanniques s’emparent du fort sans avoir livré combat.

Isaac Brock devient un héros dans tout l’Empire britannique, et son armée récolte un butin inespéré et une grande quantité de provisions. La victoire de Detroit donne un élan à la cause britannique, élan dont le Haut-Canada avait grand besoin. En plus de stimuler la confiance des milices, elle convainc un bon nombre de tribus, jusque-là demeurées neutres, de se joindre à l’alliance de Tecumseh.

Pour les Américains, c’est un revers considérable. Ce n’est pas là, la guerre facile que les War Hawks avaient promise.

Tecumseh 266-mapdetroit_river
Rivière de Détroit et voisinage


Le fort Détroit et la ville du même nom sont la base des opérations de l'armée du Nord-ouest sous la commande du vétéran de guerre, le général William Hull.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:07

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Tenskwatawa - Le Prophète

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Tenskwatawa, Shawnee


L’histoire n’a pas été tendre pour Tenskwatawa, le prophète. Il est inévitablement comparé à son frère héroïque, Tecumseh, dont il lui manque les qualités physiques et morales. Homme peu impressionnant et de taille inférieure à la moyenne, il affectionnait les bijoux, particulièrement les petites médailles qu’il laissait pendre de son nez percé et de ses oreilles. Sa caractéristique physique la plus marquante était son œil droit balafré, qui était constamment clos.

Tenskwatawa n’était pas une personne sympathique. Il n’était pas accepté par les autres jeunes gens shawnees, et il refusait de prendre part aux prestigieuses activités mâles traditionnelles, comme la chasse et la pêche. Jeune, il se vantait volontiers de ses talents, mais il semblait manquer d’ambition.

Deux activités qui plaisaient à Tenskwatawa étaient boire et parler. Il n’avait pas le talent d’orateur de son frère Tecumseh, mais son discours savait être manipulateur et vigoureux. Grâce à ses qualités, il devint sorcier dans le village de Tecumseh.

La transformation de Tenskwatawa, d’un ivrogne paresseux en un puissant chef spirituel, survint à la suite d’un rêve au cours duquel il dit avoir reçu la visite du Grand Esprit. Les colons blancs commencèrent à l’appeler le prophète parce qu’il affirmait que les dieux lui avaient révélé la voie du salut de son peuple. Cette nouvelle religion voulait que les Indiens rejettent la culture des Blancs et qu’ils retournent à leur mode de vie traditionnel. Tenskwatawa renonça à l’alcool et demanda à ses disciples d’en faire autant.

Au centre de ces nouveaux enseignements était la croyance que la terre était la propriété commune de toutes les tribus. Le prophète disait qu’aucune tribu n’avait le droit de céder son territoire parce qu’il appartenait à tous les Autochtones. Ceci provoqua la colère des colons blancs et celle de leurs gouvernants, comme William Henry Harrison, le gouverneur du territoire de l’Indiana.

Bientôt, la doctrine de Tenskwatawa attira un grand nombre d’adeptes, particulièrement chez les jeunes guerriers plus radicaux. Le prophète et Tecumseh décidèrent de soustraire ces disciples au harcèlement des colons blancs et de les rapprocher des sources de nourriture encore vierges. Ils établirent un nouveau village à l’endroit où les rivières Wabash et Tippecanoe se rencontrent. Les colons l’appelaient Prophet's Town ; les Indiens, eux, l’appelaient Tippecanoe.

À l’automne de 1811, alors que Tecumseh était parti pour un voyage de six mois pour convaincre les tribus du Sud de se joindre à la confédération, des soldats des États-Unis, sous le commandement de William Henry Harrison, décidèrent d’attaquer Prophet's Town. Ils considéraient le village comme un dangereux symbole de la résistance indienne et comme un obstacle à la colonisation par les Blancs. La bataille de Tippecanoe qui en résulta ne fut pas une rencontre militaire majeure. Bien qu’il y eût plus de morts chez les soldats américains que chez les guerriers indiens dans cette escarmouche, les troupes de Harrison entrèrent dans le village et le rasèrent, proclamant qu’il s’agissait là d’une grande victoire.

Après la bataille, on reprocha à Tenskwatawa d’avoir permis que la communauté soit détruite. Une bande de guerriers étaient si furieux qu’ils l’attachèrent et menacèrent de le tuer. L’inefficacité de sa direction militaire et de ses pouvoirs magiques à protéger Tippecanoe allait constituer un facteur majeur dans le déclin de l’influence du prophète.

Après la guerre de 1812, Tenskwatawa demeura à Amherstburg et se querella avec une succession d’agents des Affaires indiennes britanniques. Il retourna, enfin, aux États-Unis et mourut au Kansas à l’automne de 1836, en homme brisé. Il s’était rendu là dans un dernier effort de consolider son pouvoir et devenir le chef d’un groupe de Shawnees déracinés. Il était devenu, à la fin, un personnage pathétique, s’étant remis à boire et incarnant tout ce qu'il prétendait mépriser autrefois. Il était devenu partisan du commerce des terres avec les Américains.

Bien que Tenskwatawa soit souvent dépeint comme un lâche démagogue éclipsé par son frère légendaire, la religion du prophète avait été essentielle au succès de Tecumseh. Son message renforçait la crédibilité des projets politiques et militaires de Tecumseh, et il est important de rappeler que c’est Tenskwatawa, et non Tecumseh, qui a lancé le mouvement de réforme. Ce mouvement religieux, malgré les failles de son chef, avait pour but de régler les problèmes réels que la culture des Blancs créait chez les Autochtones. Tecumseh est devenu une des figures les plus héroïques dans l’histoire de l’Amérique du Nord, mais il n’aurait jamais pu atteindre ce statut sans avoir, à ses côtés, le personnage tragique de Tenskwatawa.


Marche dans l’Eau

Marche dans l’Eau était le chef des Wyandots. Quand Tecumseh voulu en faire un allié des Britanniques, il préféra d’abord rester neutre contrairement à Tête Ronde, un autre chef Wyandot. Après le succès du Fort Mackinac, Marche dans l’eau et ses guerriers se joignirent à la cause Britannique. Il servit d’éclaireur à la bataille de Détroit. À la bataille de Brownstown, il empêcha le ravitaillement du Fort Détroit. Il prit part à la bataille de Frenchtown.


Dernière édition par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:11, édité 1 fois

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:07

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Retraite des Indiens de Amherstburg à Moraviantown


Pour Tecumseh et son alliance indienne, la retraite de Moraviantown est une piste jonchée de déceptions et de trahisons. Au départ, les guerriers ne veulent pas quitter Amherstburg. Tecumseh n’est pas intéressé par la stratégie britannique ; il veut combattre son ennemi suprême, William Henry Harrison. Tecumseh a entendu l’échange de coups de feu de la bataille de Put-in-Bay. Mais Procter le traite comme un imbécile, refusant de lui dire qui a remporté la victoire. Quand le général parle enfin aux Indiens, il leur ment pour leur cacher la défaite britannique.

La colère des Indiens augmente encore plus quand ils voient que les Britanniques se préparent à abandonner fort Malden. Tecumseh est indigné de ne pas avoir été informé des plans de Procter. Il traite Procter de " misérable vieille squaw " et invite ses guerriers à assister à leur rencontre. Au cours de cette confrontation dramatique avec Procter, Tecumseh compare les Britanniques à " un animal bien gras ", qui aime se pavaner mais qui, une fois venu le temps de se battre, " rentre la queue entre les jambes ". Le discours de Tecumseh a un tel effet sur ses guerriers que certains d’entre eux se lèvent d’un bond, prêts à s’attaquer sur-le-champ aux Britanniques. Les guerriers ne comprennent pas le manque de détermination des Britanniques. Les hommes de Tecumseh sont trois fois plus nombreux que leurs alliés et ils menacent de les massacrer si Procter ne reste pas pour combattre les Américains.

Tecumseh est coincé. Déjà, certaines tribus font la paix avec l’armée américaine qui poursuit son avance. Que cela plaise ou non à Tecumseh, Procter a décidé de battre en retraite. Le chef Shawnee n’a pas d’autre choix que de le suivre. Quand Procter promet de résister aux Américains à Chatham, Tecumseh convainc son alliance de se joindre au mouvement de retraite. Mais c’est avec le cœur lourd que le chef shawnee prend la décision. " Nous allons suivre les Britanniques, déclare-t-il, et j’ai le pressentiment que je ne reviendrai jamais. " La seule consolation c’est que Procter a dit qu’il allait établir une solide position de défense aux confluents de la rivière Thames.

Une fois la retraite amorcée, cependant, Tecumseh commence à avoir des doutes. Selon un compte rendu, Tecumseh avait été invité à souper chez le commerçant de fourrure et officier de milice, Jacques Baby, dans sa maison de Sandwich. Pendant le repas, un messager était venu annoncer que les Américains étaient tout près d'Amherstburg, et qu’ils se dirigeaient vers le Nord en remontant la rivière Detroit. Tecumseh saisit ses pistolets et s’adressa à Procter :

" Père, il nous faut aller à la rencontre de l’ennemi et l’empêcher de venir ici… Nous ne devons pas battre en retraite, car si tu nous fais quitter ce poste, tu nous emmèneras très, très loin… et puis tu nous diras adieu pour toujours et tu nous laisseras à la merci des Longs Couteaux. "

Lorsque les Indiens arrivent enfin à Chatham, le 3 octobre, leurs soupçons à l’endroit des Britanniques se confirment : Procter les a trahis. Le général avait promis d’ériger des ouvrages défensifs aux confluents de la rivière, mais il n’y a rien sur le site. Tout ce que les Indiens y trouvent, c’est une cache d’armes et quelques fusils démantelés. C’est la goutte qui fait déborder le vase. Les guerriers sont fous de rage et insultent les Britanniques en termes on ne peut plus clairs. Ils menacent de tuer Procter et l’agent britannique des Affaires indiennes, Mathew Elliott.

En ce qui concerne les Indiens, ce ne sont que les menaces de Tecumseh qui ont réussi à convaincre Procter d’offrir une résistance. Ils viennent d’arriver au site désigné pour la bataille et personne ne sait où est le général. Pire encore, l’armée commandée par le lieutenant-colonel Warburton est de l’autre côté de la rivière, sur la rive nord de la Thames. Les Américains avancent sur la rive sud, mais Warburton dit à Tecumseh qu’il n’a pas assez de bateaux pour faire traverser ses hommes.

Convaincus que les Britanniques les ont abandonnés, les Indiens, commandés par le chef Wyandot (marche dans l’eau), dont l’influence est grande, commencent à déserter. Tecumseh avait dû recourir à son habileté politique considérable pour convaincre ses guerriers de battre en retraite. Maintenant, face à la promesse rompue de Procter, l’alliance indienne commence à se désintégrer. Quelque mille deux cents guerriers de Tecumseh l’avaient suivi jusqu’à Chatham. Deux jours plus tard, seulement cinq cents d’entre eux étaient restés combattre à Moraviantown.

Tecumseh 110_tecumseh

" Nous allons suivre les Britanniques et j’ai le pressentiment que je ne reviendrai jamais. "
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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:08

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Tecumseh à Moraviantown


La mort de Tecumseh sur le champ de bataille de Moraviantown est une fin dramatique appropriée pour un personnage aussi puissant. Tout comme son frère aîné Cheeseekau avant lui, il est mort en combattant ses ennemis, les Longs Couteaux. Cette bataille aura été la dernière épreuve de force entre lui et son rival par excellence, William Henry Harrison.

Il n’est donc pas surprenant que les derniers instants de Tecumseh soient teintés par la légende. On raconte qu’en route pour le champ de bataille, il avait pris le temps de s’occuper d’un jeune enfant blanc. " Petit garçon, lui avait-il dit, rentre vite à la maison. Les soldats s’en viennent. Il y a une guerre et tu pourrais te faire faire mal. "

Le souci que se faisait Tecumseh pour les gens touchés par la guerre le pousse à s’arrêter chez le meunier Christopher Arnold. Les Indiens ont déjà brûlé un moulin à McGregor’s Creek. Si celui d'Arnold était réduit en cendres aussi, ce serait le désastre pour les habitants du coin. Tecumseh monte la garde jusqu’à ce que ses derniers guerriers soient passés. Les éclaireurs sont déjà en vue au moment où il part au galop pour rattraper son armée.

On dit aussi que Tecumseh avait le pressentiment qu’il ne survivrait pas à la bataille de Moraviantown. Pendant qu’il se prépare au combat, il confie son épée à des proches avec des instructions pour qu’elle soit remise à son fils.

Après avoir déployé ses guerriers dans le marais, Tecumseh va examiner les positions britanniques. Il projette l’image d’un chef compétent, confiant et de bonne humeur, gardant pour lui toutes les craintes qu'il puisse entretenir. Il serre la main des officiers et encourage les soldats. Par l’intermédiaire d’un interprète, Tecumseh conseille Procter en matière de stratégie.

" Père, aie un grand cœur, dit-il avant de le quitter pour aller combattre. Dis à tes jeunes gens d’être courageux et tout ira bien. "

La bataille qu’a livrée Tecumseh pour préserver les terres et la culture des Autochtones l’ont amené très loin des vertes et ondoyantes collines de son lieu de naissance sur les rives de la rivière Scioto. Il meurt dans un pays étrange, au milieu des couleurs éclatantes de l’automne canadien. Plus qu'un soldat américain a prétendu avoir été celui qui a tué Tecumseh. Le plus en vue parmi ceux-ci fut le colonel Richard Mentor Johnson qui, plus tard, n’hésita pas à s’en vanter pour mousser sa carrière politique.

Des années après la bataille, des guerriers shawnees affirmeront avoir retiré son corps du champ de bataille et l’avoir transporté avec eux pendant leur retraite. Il est plus probable que la dépouille de Tecumseh a été scalpée, dépouillée et écorchée par des soldats américains en quête de butin. L’un d’entre eux se souvient d’avoir rapporté avec lui " deux morceaux de sa peau jaunâtre pour donner à ma mère et à mes belles amies. "

Tecumseh a été enterré secrètement. Jusqu’à ce jour, le lieu de sa sépulture demeure un mystère.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:09

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La retraite britannique de Amherstburg à Moraviantown


Les problèmes du commandant britannique Henry Procter ont commencé, en réalité, presque un mois avant la désastreuse bataille qui allait entraîner sa disgrâce et son renvoi de l’armée. Le périple qui allait le conduire jusqu’en cour martiale débute avec la bataille du lac Érié. Le 9 septembre, Oliver Hazard Perry et la marine américaine remportent une brillante victoire contre l’escadre britannique à Put-in-Bay. Dès lors, les Américains contrôlent les voies navigables et peuvent attaquer Amherstburg par l’arrière. Procter court le danger d’être débordé et d’avoir à repousser des attaques provenant de deux côtés.

Outre les désavantages auxquels doivent faire face les Britanniques, les hommes de Procter sont épuisés, affamés et démoralisés par la victoire navale américaine. Ils sont aussi passablement inquiets face aux Indiens. Au début, Procter avait menti aux tribus, leur disant qu’en réalité, c’était la Royal Navy qui avait remporté la victoire à Put-in-Bay. Mais les Indiens ne sont pas dupes et soupçonnent les Britanniques de se préparer à battre en retraite. Les Indiens sont trois fois plus nombreux que les troupes britanniques. Tecumseh est furieux ; il est même question que ses guerriers se révoltent et massacrent Procter et ses hommes.

Le fort Malden, à Amherstburg, est sans protection, ses canons ayant été retirés pour équiper la Royal Navy. Un tiers des hommes de l’armée de Procter ont été faits prisonniers après la défaite de Put-in-Bay. Sa ligne de ravitaillement du lac Érié a été coupée. L’hiver approche et il n’y a pas assez de provisions pour soutenir l’armée britannique indienne jusqu’au printemps. Procter décide de battre en retraite et d’établir une ligne de résistance sur la rivière Thames, près de Chatham.

Le repli est une entreprise gigantesque. Procter doit d’abord aplanir les relations avec ses alliés indiens et convaincre Tecumseh que la vallée de la Thames est un meilleur site pour affronter l’ennemi. Il lui faut ensuite coordonner la retraite de dix mille hommes, femmes et enfants et s’occuper des approvisionnements militaires et de ses effets personnels. Amherstburg est abandonné le 24 septembre et la retraite générale de Detroit et Sandwich est amorcée quatre jours plus tard.

Procter a pris son temps pour organiser le repli mais ceci s’avère une grave erreur. Quand les Britanniques quittent Sandwich, l’ennemi est déjà en train de transporter des troupes du côté canadien de la rivière Detroit. La retraite se déroule à une allure extrêmement lente. Il pleut sans arrêt et les routes ne sont que des pistes pleines d’ornières boueuses. Les troupes britanniques avancent dans la confusion la plus totale. Les hommes sont trempés et mal vêtus pour un temps d’automne tandis que les cavaliers du Kentucky sont à leurs trousses.

Quelques familles indiennes traînent la patte derrière le corps principal. Ceci entraîne une autre faute désastreuse. Les Britanniques décident de ne pas détruire les ponts, car ils ne veulent pas risquer de s’aliéner les tribus en donnant l’impression qu’ils abandonnent les familles des guerriers. Il n’y a plus rien pour arrêter l’avance de la cavalerie américaine.

Procter a promis à Tecumseh que l’armée britannique indienne fera volte-face et établira sa ligne de résistance à Chatham. Afin d’inspecter le site de la bataille, Procter galope au-devant de son armée. Insatisfait de ce qu’il découvre, il donne l’ordre à ses hommes d’ériger les défenses sur la ferme Dolsen, quelques kilomètres en aval. Mais le commandant britannique n’est pas encore satisfait; il repart, une fois de plus, en amont de la Thames. Il se rend à Moraviantown qui, lui a-t-on dit, est le meilleur site pour confronter les Américains. Sa femme et ses enfants y sont, d’ailleurs, réfugiés.

Lorsque le capitaine William Crowther s’apprête à suivre les ordres et fortifier Dolsen, il apprend que tous les outils pour creuser les tranchées ont été dépêchés en amont de la Thames jusqu’à une clairière appelée Bowles. À l’heure qu’il est, il est impossible pour Crowther de récupérer l’équipement.

C’est le chaos au sein de l’armée britannique indienne. Tecumseh et ses guerriers sont en proie à une violente colère. Ils menacent de tuer le colonel de milice Mathew Elliot, l’agent britannique auprès des Indiens. Ces derniers ont accepté, à contrecœur, de battre en retraite. Procter, quant à lui, leur a promis de se battre à Chatham. Ils ont atteint le site choisi pour la bataille et qu’y trouvent-ils ? Rien. De l’autre côté de la rivière, le gros de l’armée britannique est posté à Dolsen, sans fortification ni mesures défensives. Le général se trouve même encore plus loin à l’arrière, à Moraviantown.

La conduite de la retraite par Procter est un désastre. Il a abandonné ses troupes pendant ses sorties de reconnaissance et a négligé de laisser des instructions claires à ses officiers.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:13

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Les Britanniques à Moraviantown


Pendant la retraite, Procter perd confiance en ses officiers. Il laisse délibérément dans l’ignorance, Augustus Warburton, son commandant en second. Personne dans le camp britannique ne sait vraiment ce qui se passe. On rapporte que certains officiers font pression sur Warburton pour qu’il relève Procter de son commandement.

Le 4 octobre, le lieutenant-colonel Warburton apprend que Tecumseh se retire à Moraviantown. Il apprend également que Procter est parti dans l’autre direction ; le commandant britannique a, en effet, quitté le village pour rejoindre son armée en aval de la rivière. Warburton décide qu’il ne peut plus attendre Procter et donne l’ordre à ses troupes de marcher sur Moraviantown. Dans la confusion qui s’ensuit, presque tous les approvisionnements britanniques sont interceptés puis saisis par les Américains. Les troupes ne pourront compter que sur les munitions qu’elles transportaient avec elles.

Dans la nuit avant la bataille, Procter commet une autre erreur inexcusable : alors qu’il aurait dû préciser ses plans en vue de la confrontation imminente, il quitte à nouveau son armée pour aller passer la nuit avec sa femme. Lorsqu’il réapparaît, le 5 octobre, ses troupes n’ont rien mangé depuis plus d’un jour. Fatigués, affamés et mal équipés, les Britanniques s’apprêtent à combattre dans une forêt peu dense à environ trois kilomètres de Moraviantown.

La position de Procter n’est pas mauvaise. Son flanc gauche est protégé par la Thames, et à sa droite s’étend un profond marais. Il poste donc un canon sur la route principale qui longe la rivière. Il déploie ensuite ses hommes dans l’ouverture triangulaire entre la Thames et le marais. Tecumseh combattra à partir du marais et tentera d’acculer les Américains à la rivière en les repoussant, telle une porte qui se refermerait. Les Britanniques et les Indiens sont trois fois moins nombreux que les Américains et Procter a quatre cent cinquante soldats de métier tandis que Tecumseh ne compte plus que cinq cents guerriers.

Pour les soldats britanniques, la bataille prend fin très rapidement. Les clairons américains sonnent le début de l’engagement. Moins de cinq minutes plus tard, les Britanniques battent en retraite. L’assaut principal des Américains contre les positions britanniques est effectué au grand galop par la cavalerie américaine. Les cavaliers américains percent immédiatement le front britannique. Le canon de six livres que Procter a placé sur la grande route ne réussit pas à tirer un seul coup. Les chevaux qui tirent le canon sont pris de panique au premier coup tiré par l’ennemi et s’empêtrent dans le sous-bois. La bataille dure cinquante-cinq minutes, mais presque tout ce temps on verra les miliciens du Kentucky aux prises avec les Indiens du côté du marais. Les Indiens livrent un combat féroce et ne se replient que lorsqu’ils apprennent la mort de Tecumseh.

Procter s’enfuit par la grande route dès qu’il constate que sa ligne de défense a été rompue. Un instant, il songe à rejoindre les Indiens, mais les cavaliers américains ont envahi la zone entre la route et le marais. Il ne peut rien faire pour empêcher la déroute. Il part au galop, laissant sa voiture et ses chevaux ainsi que ses documents, qui tomberont aux mains des Américains. Les Britanniques ont perdu une douzaine d’hommes. On rapportera, plus tard, que pas un seul Américain n’a perdu la vie lors de l’assaut contre la ligne de défense britannique.

Procter et le reste de son armée finiront par rejoindre la division du centre, à Burlington, sur le lac Ontario. Depuis le départ de Sandwich, six cents soldats britanniques ont été faits prisonniers. Procter sera, finalement, traduit devant une cour martiale où il sera réprimandé publiquement. Relevé de son commandement, il quittera l’armée dans la disgrâce.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:13

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Les Américains à Moraviantown


L'armée américaine, sous le commandement de William Henry Harrison, se déplace très rapidement une fois la rivière Detroit franchie. Les Américains réussissent à couvrir la distance qui les sépare de Moraviantown en deux fois moins de temps que les Britanniques. En un seul jour, les trois mille Américains parcourent quarante kilomètres. Les fantassins doivent presque courir s'ils ne veulent pas être distancés par la cavalerie.

L'avance rapide de l'armée américaine a été préparée, par la défaite infligée par Oliver Hazard Perry à l'escadre britannique à Put-in-Bay, sur le lac Érié. Les Américains ont coupé la ligne principale de ravitaillement de Procter, et jouissent maintenent d'une mobilité navale totale. De plus, surpassant leur ennemi, en nombre dans une proportion de trois pour un, ils sont très conscients de la vulnérabilité de Procter.

Les volontaires du Kentucky sont tellement impatients de combattre les Britanniques que Harrison a du mal a convaincre certains d'entre eux de rester à l'arrière pour tenir la garnison de Detroit. Les robustes frontaliers brûlent de trouver l'occasion de venger le massacre de la rivière Raisin qui eut lieu l'hiver précédent. Plusieurs des volontaires de Richard et James Johnson viennent des mêmes comtés que ceux qui ont été tués à Raisin. " Rappelez-vous de Raisin " est le slogan utilisé par les recruteurs, et celui qui les a incités à s'enrôler dans l'armée. Il deviendra bientôt leur cri de guerre lorsqu'ils attaqueront les lignes britanniques.

Tecumseh et ses guerriers tentent de ralentir l'avance américaine près de Chatham. Les Indiens n'ont, cependant, aucune chance contre l'armée de Harrison, et ils sont facilement écrasés. Les Américains s'emparent de toutes les réserves de munitions des Britanniques, ainsi que d'un important dépôt d'armes.

Le 5 octobre, Procter prend position pour résister à l'avance ennemie. Après avoir éxaminé le terrain que Procter se propose de défendre, Harrison prend une décision peu ordinaire : le cavalerie de James Johnson foncera sur la ligne britannique.

Avant le début de la bataille, le colonel John Calloway s'adresse à ses hommes : " Les gars, il nous faut battre les Anglais et les Indiens sinon ils vont tous nous tuer et nous scalper, leur dit-il. Nous ne pourrons pas nous enfuir si nous perdons. " La menace faite par les Britanniques de ne pas pouvoir contrôler les Indiens a un effet contraire : les Américains sentent qu'ils n'ont pas d'autre choix que de gagner puisque, s'ils se rendent, il n'y aura pas de quartier de la part de l'ennemi.

En quelques minutes, les cavaliers de James Johnson réussissent à franchir la ligne britannique. Ils virent rapidement sur leur gauche et se rabattent sur les Tuniques Rouges qui n'ont pas eu le temps de changer de position. Les soldats britanniques rompent les rangs et se sauvent à toutes jambes.

Entre-temps, Tecumseh et se guerriers offent une résistance féroce dans les marais, sur le flanc gauche des Britanniques. Le frère de James Johnson, le colonel Richard Johnson est parti à cheval, au-devant du corps principal de son armée, avec vingt autres hommes. Ils forment ce qui pourrait s'appeler un " peloton d'espoir désespéré " qui s'est donné pour but de forcer les Indiens à décharger leurs fusils sur eux et, ainsi, donner une meilleure chance au reste des attaquants américains. Le peloton de Johnson fonce tout droit contre un barrage de projectiles. Le colonel est blessé à cinq reprises et tous ses camarades, sauf cinq, sont tués. Le gros des troupes du Kentucky suit, mais dans la boue et les sous-bois du marais, les hommes sont incapables de se déplacer avec leurs montures. Ils descendent des chevaux et se battent contres les Indiens. Tecumseh est tué et des troupes supplémentaires américaines, libérées par l'effondrement de la ligne britannique, se lancent dans l'action. Apprenant la mort de Tecumseh et la retraite des Britanniques, Les Indiens se retirent dans la forêt.

La cavalerie américaine fouille la forêt et les sentiers à la recherche des fuyards de l'armée britannique. À la tombée de la nuit, les soldats américains pillent et brûlent le village de Moraviantown. Harrison a remporté une victoire décisive et, dès lors, rien ne semble pouvoir arrêter son avance fulgurante jusqu'à la tête du lac Ontario. Les gouvernants britanniques craignent que les Américains ne soient maintenent prêts à conquérir tout le territoire du haut-Canada, à l'ouest de Kingston.

Toutefois, Harrison fait face à de nombreux problèmes. Thames valley n'est plus qu'un désert de fermes incendiées et de villages saccagés. La ligne de ravitaillement américain s'étale sur une trop longue distance et les provisions que la région aurait pu offrir ont déjà été complètement épuisées par le passage des deux armées. Pire encore, la plupart des soldats de Harrison sont des volontaires qui ont signé pour un service de courte durée. Il serait presque impossible de transformer ces miliciens en armée d'occupation. Et puis, craignant l'arrivée prochaine du terrible hiver canadien, Harrison décide, le 7 octobre, de se retirer à Sandwich.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:14

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Résumé de la bataille de Moraviantown


Avec la bataille de Moraviantown, aussi nommée bataille de la Thames, les troupes américaines sont très près de leur but : la conquête du Canada. La déroute de l’armée britannique indienne, le 5 octobre 1813, fut la première victoire terrestre pour les États-Unis. Combinée avec le succès remporté par les forces navales américaines à la bataille de Put-in-Bay moins d’un mois auparavant, elle devait contribuer à remonter le moral des Américains de façon considérable. Le grand chef indien Tecumseh avait été tué dans un combat corps à corps, et son alliance autochtone s’était effritée. Battant en retraite, les troupes britanniques s’étaient retrouvées dans une confusion totale. Après la bataille, le gouvernement britannique fut confronté avec la possibilité de perdre tous les territoires du Haut-Canada à l’ouest de Kingston.

La Bataille de Moraviantown joua un rôle clé dans la création des mythes entourant les trois commandants en chef qui participaient au conflit. Tecumseh fut perçu comme un guerrier qui avait héroïquement sacrifié sa vie en défendant son peuple, tandis que son allié britannique, le général de division Henry Procter, allait être considéré comme un chef inefficace sinon carrément lâche. Le général américain William Henry Harrison se servit des éloges populaires que son succès à la Thames lui avait valus pour mener à bien une longue carrière politique qui aboutit à son élection à la présidence des États-Unis.

Bien que les Britanniques continuent d’occuper fort Mackinac, la défaite de Moraviantown mit un terme, à toutes fins utiles, au contrôle qu’ils exerçaient à l’ouest du lac Ontario. La région de Detroit, tant convoitée dans la première année de la guerre, cessa d’être un théâtre d’opérations majeur. Avec la mort de Tecumseh et la retraite de Procter, le soutien, prodigué par les Britanniques aux Indiens du Nord-Ouest, a pris fin. L’alliance autochtone s’écroula et les terres pour lesquelles Tecumseh s’était tant battu furent ouvertes à la colonisation.

Tecumseh 554-_battle_of_the_thames

La bataille du Thames connue aussi par les Canadiens comme la bataille de Moraviantown mit fin à treize mois de domination britannique dans la frontière de Détroit. L'alliance britannique et indienne avait été capable de repousser trois avances américaines à détroit, à Frenchtown et à fort Meigs.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:14

Tecumseh

Le discours qui suit a été prononcé par Tecumseh, devant les Osages des Grandes Plaines, au cours d'une des visites qu'il fit à diverses Premières Nations durant l'hiver de 1811-1812. Il voulait ainsi susciter des appuis à sa Confédération indienne.


" Frères, nous appartenons tous à la même famille, nous sommes tous des enfants du Grand Esprit. Nous marchons sur le même sentier, nous apaisons notre soif aux mêmes cours d'eau et, maintenant, des questions de la plus haute importance nous amènent à fumer le calumet autour de ce feu du conseil.

Frères, notre amitié commande que nous nous aidions mutuellement à porter nos fardeaux. Le sang de beaucoup de nos pères et de nos frères a coulé sur le sol comme de l'eau, pour satisfaire l'avidité de l'homme blanc. Tous, nous sommes menacés par un mal sinistre : rien n'apaisera les Blancs sauf la destruction de toute la race des hommes rouges.

Frères, quand les Blancs ont mis le pied sur notre terre, ils étaient affamés, ils n'avaient pas d'endroit pour étendre leurs couvertures, pour entretenir leurs feux. Ils étaient faibles et ne pouvaient subvenir à leurs besoins. Nos pères ont montré de la compassion pour eux et ils ont partagé tout ce que le Grand Esprit avait donné à ses enfants rouges. Ils leur ont donné de la nourriture quand ils avaient faim, des remèdes quand ils étaient malades. Ils ont étendu des peaux pour qu'ils puissent dormir et leur ont donné des territoires pour qu'ils puissent chasser et cultiver le maïs.

Frères, les hommes blancs étaient faibles quand ils sont arrivés parmi nous. Maintenant que nous les avons rendus forts, ils veulent nous tuer ou nous repousser, comme si nous étions des loups ou des panthères.

Frères, les hommes blancs ne sont pas les amis des Indiens. Ils ont commencé par demander seulement assez de place pour un wigwam, mais ils ne seront pas satisfaits avant d'avoir pris tous nos territoires de chasse, du levant au couchant.

Frères, les hommes blancs ne veulent pas seulement nos territoires de chasse, ils veulent aussi tuer nos guerriers et même nos vieillards, nos femmes et nos petits enfants.

Frères, il y a bien des hivers, il n'y avait pas de terre, le soleil ne se levait ni ne se couchait, tout n'était qu'obscurité. Le Grand Esprit a créé toutes les choses. Il a donné aux hommes blancs une terre, de l'autre côté des grandes eaux. Ici, il a mis du gibier et il a donné les terres à ses enfants rouges, il leur a aussi donné la force et le courage de défendre ce qui est à eux.

Frères, mon peuple désire la paix, tous les hommes rouges désirent la paix. Mais, où l'homme blanc se trouve, il n'y a pas de paix pour nous, sauf dans le ventre de notre mère.

Frères, les hommes blancs n'ont que mépris et fourberie pour les Indiens. Ils abusent de nous et nous insultent, ils ne croient pas que l'homme rouge mérite de vivre.

Les hommes rouges ont subi beaucoup de très grands torts, ils ne doivent plus en subir. Mon peuple ne subira plus, il est déterminé à se venger, il boira le sang des hommes blancs.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:15

Tecumseh

John Norton


Le chef iroquois John Norton apparaît comme l’une des personnalités les plus intrigantes de la guerre de 1812. De nombreux détails de sa vie demeurent nébuleux, mais son rôle dans le conflit entre les forces britanniques et américaines en Amérique du Nord est très bien documenté.

Fils d’un père cherokee et d’une mère écossaise, John Norton est probablement né en 1770. Il semblerait que le père de Norton se soit enrôlé dans l’armée britannique puis qu'il se soit, par la suite, installé en Écosse, où il finit par se marier. Norton fut vraisemblablement éduqué en Écosse où, très jeune, il suivit son père dans l’armée.

À l’âge de 14 ans, il fut posté en Irlande puis se retrouva à Québec en 1785. Il déserta alors que son régiment se trouvait à Niagara en 1787. C’est sans doute à cette époque qu’il commença à fréquenter les Six-Nations de la rivière Grand.

Il enseigna pendant un certain temps à la baie de Quinte, un village iroquois à l’ouest de Kingston. Il entreprit également les premières de ses nombreuses randonnées à travers l’Amérique du Nord, voyageant dans la région de l’Ohio comme commerçant et établissant de multiples contacts. Mais l’appel de l’établissement de la rivière Grand était puissant.

Norton était particulièrement inspiré par le chef mohawk, Thayendanega (Joseph Brant). Norton absorba la langue et la culture mohawk et fut adopté dans la communauté comme le neveu de Thayendanega. Grâce à son oncle, il acquit le statut de chef et reçut le nom de Teyoninhokarawen. Le nom mohawk de Norton signifie " porte ouverte ". Le nom suggère que Norton possède une nature d’une forte dualité : il est à la fois chef de paix et chef de guerre.

Comme Tecumseh, Norton en vint à croire que le meilleur espoir pour les Premières Nations reposait dans la solidarité des Autochtones. Le caractère multiethnique de la communauté de la rivière Grand renforçait cette vision. Le voyage d’un an qu’il fit en 1809 eut le même effet. Norton descendit vers le sud pour mieux connaître son ascendance cherokee et se renseigner sur les conditions de vie des autres Premières Nations aux États-Unis.

À l’approche du conflit anglo-américain en 1812, Norton fut perçu par l’administration britannique comme un allié incontestable. Il avait conservé certains aspects de son héritage blanc (c’était un pieux Anglican) et avait entretenu des rapports étroits avec les Britanniques lorsqu'il vivait à la rivière Grand.

Norton se méfiait des politiciens. Il préférait traiter avec les chefs militaires et c’était par le biais d’une alliance militaire que Norton espérait obtenir des avantages pour les Premières Nations.

En dépit de l’influence exercée par Norton, de nombreux Iroquois voyaient d’un mauvais œil toute alliance avec les Britanniques ou les Américains. Mais Norton avait le soutien d’un jeune chef héréditaire de la communauté de la rivière Grand, le fils de Brant, Ah’You’was’eghs. Ensemble, ils rassemblèrent une force assez importante pour combattre aux côtés du général Brock.

Norton et ses guerriers étaient présents à Detroit, à Queenston Heights et se distinguèrent fortement dans les batailles de la péninsule du Niagara à l’été de 1814. À Chippewa, les Iroquois de la rivière Grand combattirent leurs cousins de New York lors d’une confrontation sanglante. Après ce tragique événement, les Six-Nations iroquoises décidèrent de se retirer de la guerre complètement.

Norton et ses guerriers sont peut-être plus particulièrement associés à la bataille de Queenston. Ce sont leurs cris à vous en glacer le sang, dit-on, qui ont découragé la milice américaine de traverser la frontière canadienne retenant les forces d’invasion américaines jusqu’à ce que les renforts britanniques arrivent. Pour son rôle dans cette victoire, Norton se vit conférer le " rang de capitaine des Indiens confédérés ".

Après la guerre, Norton retourna en Angleterre avec sa femme et son fils. Ils revinrent plus tard à la rivière Grand, mais il semblerait qu’il se soit séparé de sa famille. Il quitta la région du Niagara et l’on croit qu’il a voyagé dans les régions qui allaient devenir le Sud-Ouest des États-Unis.

John Norton est probablement mort vers la fin de 1831.

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:15

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Les Iroquois en 1814


À l’été 1814, les Six Nations iroquoises se retrouvent en pleine crise. Le chef John Norton, qui était pourtant parvenu à rassembler un grand nombre de guerriers provenant de la communauté de Grand River, commence à perdre de son influence. À la fin juin, seulement la moitié des combattants de Grand River iront rejoindre Norton aux chutes Niagara. Aucun d’entre eux n’apprécie devoir affronter ses frères de la région de New York, lesquels désiraient se venger de l’incendie à la réserve Tuscarora. Au campement de Burlington Heights, où les guerriers attendent en compagnie de leur famille, les vivres manquent et l’armée britannique rationne les hommes de Norton depuis plusieurs semaines. Chaque jour, deux ou trois Iroquois, affaiblis par la malnutrition, meurent emportés par la maladie.

Les démêlés de longue date que Norton entretient vis-à-vis le Ministère des Affaires indiennes commencent à influer sur ses engagements à procurer une force de combattants aux Britanniques. Le Ministère des Affaires indiennes, et plus spécifiquement son chef, William Claus, se méfiait depuis longtemps de l’ascendant que pouvait avoir Norton sur les tribus environnantes. Il craignait que Norton et Joseph Brant n’allient leurs forces pour défier l’autorité et contrecarrer les projets expansionnistes de la Couronne.

Norton bénéficiait de l’appui de George Prevost. Après tout, n’avait-il pas contribué à fournir bon nombre de guerriers provenant des tribus de l’ouest et qui combattaient aux côtés des Britanniques? Une centaine d’entre eux campait à Grand River, tandis que plus de 500 s’étaient installés à Fort George, sous la gouverne de Phineas Riall. Toutefois, c’était au sein de sa propre communauté que l’emprise de Norton diminuait.

Les Iroquois de Grand River, rassemblés à Burlington, souffraient de maladie et de malnutrition. On jeta le blâme sur Norton qui avait conclu cette funeste alliance avec l’armée britannique. Norton jeta de l’huile sur le feu, lorsqu’à son retour de Québec, où Prevost lui avait remis des provisions pour ses hommes, il distribuait la nourriture à ceux-ci selon l’ardeur qu’ils démontraient au combat. Ce mode de rétribution des plus cruels était le fait d’un homme désespéré. Le Ministère des Affaires indiennes tira avantage de la dissension qui s’installait pour s’allier plusieurs chefs Mohawks, en leur promettant plus de pouvoirs et de présents.

Le conflit qui régnait entre les Six Nations réparties des deux côtés de la rivière Niagara, minait le moral des combattants. L’entente conclue entre les tribus au début du conflit était brisée. Déjà, l’été précédent, le vent avait commencé à tourner lorsque les Américains s’étaient emparés de Fort George. Un certain nombre d’Iroquois de New York ayant participé à l’assaut, les tribus de Grand River leur imputaient plusieurs pertes de vie. Puis, peu de temps après, lorsque les Britanniques attaquèrent Black Rock, le chef seneca Young King considéra la chose comme un empiétement sur ses terres et s’allia aux Américains pour repousser les Britanniques.

En décembre 1813, les Britanniques arrachèrent Fort Niagara aux Américains. Les vainqueurs et les hommes de Norton célébrèrent l’événement par une beuverie pendant laquelle ils fomentèrent un plan pour détruire le village de Tuscarora. Ils feraient cela en représailles à la rupture de l’entente d’impartialité, lors de l’assaut sur Fort George. Suite à cette bévue, plus de 500 Senecas, Tuscaroras et Onondagas s’allièrent aux Américains.

Tous ces éléments contribuèrent à la désertion des Iroquois de la guerre de 1812. Autant les Britanniques que les Américains perdirent le soutien de ce que plusieurs commandants militaires décriront comme " les meilleures troupes d’infanterie au monde ". En juillet 1814, Norton se retrouva accompagné d’à peine 200 hommes aux chutes Niagara, parmi lesquels plusieurs questionnaient son leadership. Leurs cousins traversèrent la rivière Niagara et combattirent aux côtés des Américains. Malgré cela, il faudra une confrontation encore plus sanglante, dans la forêt près de la rivière Chippewa, pour que les Iroquois réalisent à quel point cette guerre les aura divisés.

Tecumseh 382-map-niagara_frontier
Carte de la frontière Niagara

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Message par Cricri-FB le Mer 6 Juin 2018 - 14:16

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La conquête du Fort Érié par les Américains : prélude à la bataille de Chippawa


Tecumseh 839-_siege_defense
Siège et défense du fort Erié

Après la capture du fort George en mai 1813, le brigadier général John Vincent ordonna l'évacuation de la ligne défensive de la rivière du Niagara. Sa garnison alors fit exploser les fortifications et le rejoigna près de Burlington Heights. Les Américains occupèrent les ruines du fort mais quittèrent peu de temps après. Le fort fut alors réoccupé par les Britanniques après que Drummond réussit à déloger les forces américaines des deux rives de la rivière du Niagara. Entretemps, Brown avait décidé de faire de la capture du fort Erié son objectif premier. Les forces armées de Scott et de Ripley joignèrent leurs deux corps et encerclèrent la garnison britannique. Surpassé en nombre, le commandant des forces britanniques prit la décision de se rendre.


Postées sur les rives de la rivière Niagara, les sentinelles peuvent à peine, en scrutant l’obscurité, discerner la formation de bateaux progressant dans leur direction. Elles tirent quelques coups de l’autre côté de la rivière avant de retourner au fort Érié informer le commandant de l’arrivée des Américains. Au matin, le major Thomas Buck se rend compte de l’importance des forces qui ont traversé la frontière. La flottille transporte des douzaines de chevaux, des canons ainsi que 3500 soldats sous les ordres des généraux de brigade Winfield Scott et Eleazar Ripley.

Les envahisseurs américains progressent lentement vers le fort, sans doute parce qu’ils savent déjà que les défenseurs sont loin d’être assez nombreux pour opposer une véritable résistance. De fait, le major Buck ne dispose que de 137 soldats à l’intérieur du fort. De mauvaise qu’elle était, la situation des Britanniques empire lorsque 1000 miliciens américains et 500 guerriers autochtones sous les ordres de Peter B. Porter marchent sur le fort depuis leur point de débarquement au sud. Les renforts britanniques les plus proches sont les troupes du major Phineas Riall cantonnées au Fort George. Sachant très bien qu’il n’a pas le choix et qu’il doit capituler, Buck ordonne quand même de tirer quelques coups, " pour l’honneur du drapeau. " À cinq heures, il ouvre les portes aux Américains.

Scott est satisfait de son avancée. Ripley, quant à lui, croit risqué le plan du général Jacob Brown, car son succès repose en grande partie sur la suprématie des forces du commodore Chauncey sur le lac Ontario. Sans l’appui de ces forces, Ripley doute fort que les 5000 soldats américains puissent occuper longtemps la péninsule. Mais Scott est l’officier responsable de l’opération et l’avis de Ripley compte pour peu.

Sans perdre de temps, Scott ordonne à Porter de demeurer au Fort Érié avec ses troupes tandis qu’il prend la direction du nord. Porter a ordre de le rejoindre le lendemain si l’armée réussit à avancer. Scott prend lui-même la tête de la brigade d’avant-garde. Au cours de l’après-midi, les Américains affrontent les éléments avancés de l’armée de Riall. Celle-ci, mise en alerte par la nouvelle de l’invasion, s’est mise en marche depuis le Fort George et a établi son campement au nord de la rivière Chippewa. Peu nombreux, ces soldats pourraient ralentir les troupes de Scott mais pas les arrêter. Les Britanniques se replient de l’autre côté du Pont du Roi, sur la rive nord de la rivière Chippewa.

Par chance, Phineas Riall dispose d’une bonne position de défense. La rivière Chippewa coupe la péninsule en deux et, à l’endroit où les Britanniques sont retranchés, elle fait plus de 75 mètres de large. Riall a fait fortement renforcer les extrémités du seul pont permettant de traverser la rivière autrement infranchissable. À la fin de l’après-midi, les derniers habitants du petit village de Chippewa, épuisés, traversent le pont et, une fois de plus, viennent chercher protection derrière les lignes britanniques. Riall a envoyé à York une dépêche dans laquelle il demande du renfort pour ses 2000 soldats. Le soir venu, les hommes de Norton arrivent des chutes du Niagara et établissent leur camp dans la forêt qui s’étend à la droite des Britanniques.

Winfield Scott s’aventure assez près du Pont du Roi pour évaluer la position de l’ennemi. Se rendant compte que celle-ci ne peut être prise sans préparation, il ordonne à son avant-garde de se replier à un kilomètre et demi derrière la Street’s Creek, où elle est rejointe par les brigades du général Brown et d’Eleazar Ripley.

Un kilomètre et demi à peine sépare les deux armées. Malgré la tension qui règne, chacun tente de se reposer et de reprendre des forces. Nombreux sont ceux qui croient en avoir besoin pour la bataille du lendemain.

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